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Le piton de la Fournaise

C'est une fascination à la fois craintive et émerveillée que les volcans, depuis toujours, ont exercée sur les hommes. Forges de Vulcain ou d'Héphaïstos pour ceux de l'antiquité, antre de Lucifer d'où l'on ne revient pas pour d'autres, les volcans sont à l'origine de nombreuses histoires ou légendes transmises au cours des siècles de génération en génération.
Le fait que la terre s'ouvre pour cracher des nuées ardentes, de terrifiantes pluies de cendres ou des torrents de roches en fusion ne pouvait que frapper les esprits d'une terreur respectueuse d'autant que l'Histoire nous rapporte que certaines de ces éruptions eurent de catastrophiques conséquences.
C'est ainsi que : le 24 août de l'an 79 après J.-C., le Vésuve se réveilla au terme d'un repos de plusieurs siècles et détruisit les villes d'Herculanum, de Pompéi et de Stabies. En 1783, l'éruption fissurale du Laki, en Islande, entraîna la mort de plus de 10 000 personnes par ses flots de lave et ses projections de cendres, qui couvrirent l'ensemble de l'île et engendrèrent des famines suivies d'épidémies. en 1792, l'éruption de l'Unzen, au Japon, ensevelit 10 000 victimes sous les "lahars" (torrents de boue) qu'elle déclencha. En 1815, l'éruption du Tambora en Indonésie, causa directement la mort de 12 000 personnes et indirectement, par la famine qui s'ensuivit, celle de 80 000 autres. L'éruption du Krakatoa, en 1883, fut particulièrement violente (les cendres furent projetées dans la très haute atmosphère) et s'accompagna d'un tsunami qui fit plus de 36 000 victimes. Le 8 mai 1902, la ville de Saint-Pierre de la Martinique était anéantie avec ses 28 000 habitants par une nuée ardente fusant de la montagne Pelée.
La Réunion n'a fort heureusement pas connu de semblable cataclysme et les éruptions du Piton de la Fournaise se sont presque toujours produites, depuis que l'île est habitée, entre les hautes falaises de l'enclos. Bien qu'en des temps lointains l'accès en ait été difficile le volcan n'a cessé de susciter curiosité et désir de voir de plus près ses colères. L'ouvrage que lui a consacré en 1936 Alfred Lacroix alors secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences relate quelques-unes des observations dont il fut l'objet au cours des XVIIIe et XIXe siècles, mais la relation la plus pittoresque est sans doute celle de Bory de Saint-Vincent, naturaliste attaché à une expédition ... "dans les quatre principales îles des Mers d'Afrique".
Cette expédition avait pour mission de reconnaître la faune, la flore et l'aspect physique des îles de l'océan Indien, Bourbon étant l'une d'elles.
Bory de Saint-Vincent raconte tout d'abord son arrivée dans l'île et la vision qu'il eut de sa capitale : "Saint-Denis, l'endroit principal de Bourbon, n'est positivement pas une ville ; on l'appelle le Quartier : c'est un véritable bourg, dont les rues, bordées de palissades ou de murs d'entourages, ressemblent à des chemins de campagnes : ces rues, qui ne sont pas pavées, sont remplies de gros cailloux, dont quelques-uns offrent çà et là leurs pointes cachées sous l'herbe...
Les maisons, toutes en bois, sont généralement agréables et disposées pour la fraîcheur; on y voit peu de meubles, et souvent les appartements ne sont pas tapissés : ce qui ne vient pas de la lésine ou de la pauvreté des propriétaires, mais de ce qu'à Bourbon, il est presque impossible de se procurer le quart des choses qui font l'agrément de la vie. Tous les objets de luxe se tirent de l'Ile-de-France, qui fait payer très cher ce qui lui est venu des pays lointains, et qu'elle a déjà acheté à un prix fou.
"L'ancien gouvernement, qui fait face au débarcadère, les magasins publics et l'église sont les seuls édifices du lieu et méritent à peine d'êtres cités."

Ayant entrepris de faire le tour de l'île en commençant par l'Est, Bory de Saint-Vincent arrive enfin par le bord de mer, au pied du volcan. A cause du relief, il ne peut en apercevoir le sommet d'ailleurs encapuchonné de nuages, mais reste frappé par l'aspect sauvage et mystérieux du paysage. Il avait depuis longtemps, raconte-t-il, formé le projet d'en faire l'ascension et d'atteindre le sommet du Piton de la Fournaise en partant de la mer : "Tout le monde cependant s'accordait à me dire que la tentative était téméraire, que personne ne voudrait me suivre, et que jamais on n'avait osé entreprendre ce que je voulais exécuter. Vous trouverez, ajoutait-on, des fractures qu'on ne peut franchir, des cendres profondes et mobiles, dans lesquelles on risque de disparaître, enfin, peut-être, la mort dans quelque courant embrasé, échappé des flancs de la montagne. C'est par ce côté que les laves sont ordinairement vomie ; les pluies froides y sont d'ailleurs fréquentes ; et des chasseurs qui se sont enfoncés dans ces régions, n'en sont jamais revenus, soit qu'une température glaciale, soit que des vapeurs sulfureuses les aient saisis ou étouffés. J'avais une grande envie de bien voir la montagne ignivome, et mon désir redoubla dès qu'on m'assura que personne n'avait réussi dans ce que je projetais. Je regardais, comme exagérées, les craintes qu'on cherchait à me donner ; Jouvancourt partageait mes sentiments ; mais les Noirs, découragés par tout ce que les esclaves du canton leur racontaient, témoignaient la plus grande terreur ; ils nous firent des remontrances ; et pour nous décider à ne pas les conduire à la fournaise par une route inusitée, l'un d'eux nous raconta plusieurs traditions du pays.
"Il avait, disait-il, appris par d'anciens habitants, que le volcan était le patrimoine du diable ; que c'était la bouche de l'enfer ; qu'il était d'autant plus dangereux pour nous d'y monter, que les blancs n'en revenaient plus, les démons les réduisant en esclavage, les employant à creuser la montagne, à diriger les courants de laves, et à attiser le feu sous les ordres de commandeurs noirs ; enfin que ceux-ci ne leur épargnaient pas plus les coups de fouet, qu'on ne les épargne aux esclaves dans le reste de l'île. Je crus d'abord que c'était un apologue et un trait d'esprit de mon domestique ; mais d'autres nègres m'ont raconté la même chose depuis ; il y en a même qui assurent avoir vu de loin des troupeaux de Blancs, la pioche à la main, obéir aux ordres du démon, que leur transmettaient des cafres armés de verges."
Ne tenant pas compte de ces terrifiants récits, Bory de Saint-Vincent demeure inflexible et ... "ordonne à (ses) gens de marcher sans réplique" ... Non sans d'immenses difficultés, ils parviennent au sommet et en redescendent par le même chemin pour rejoindre le bord de mer. Pour qui connaît le site, cela ressemble fort à un véritable exploit, et peu de personnes oseraient aujourd'hui, même avec l'équipement moderne dont on peut disposer, entreprendre une pareille marche.

la Fournaise 3 millions d'annees mais découverte il a 350 ans seulement

La Réunion a commencé à émerger de l'océan il y a trois millions d'années mais l'homme l'occupe depuis trois siècles et demi seulement. Comme si les premiers habitants y avaient posé le pied il y a tout juste une heure alors que l'île existait depuis un an déjà…

Contrairement au volcans explosifs souvent associés aux régions frontalières des grandes plaques de l'écorce terrestre qui supporte mers et continents, la Réunion, selon une théorie communément admise, est née au beau milieu d'un océan, issue d'un "point chaud". Les scientifiques ont échafaudé cette hypothèse d'anomalies thermiques liées à de profonds mouvements de convection qui amènent un magma plus chaud vers les couches superficielles du manteau terrestre. Fixes par rapport aux plaques qui "flottent" sur le manteau en se mouvant lentement les unes par rapport aux autres, ces points chauds donnent naissance à leur aplomb à des chapelets d'îles. Si l'archipel hawaiien revient le plus souvent en exemple, les chercheurs ont montré comment, au fil du déplacement progressif des continents, le point chaud de la Réunion a été à l'origine de la formation, au prix de plusieurs dizaines de millions d'années d'activité, de l'immense plateau basaltique du Deccan en Inde, des Maldives, de l'île Maurice…
Il y a trois millions d'années, une terre émerge donc dans le sud-ouest de l'océan Indien. Le volcan est déjà énorme puisqu'il a atteint 4000 mètres de hauteur, la profondeur de l'océan en cet endroit. C'est le Piton des Neiges; il continuera de croître au rythme de ses éruptions. Décapité par les épisodes explosifs qui ont marqué son histoire et victime de l'érosion, il dépasse aujourd'hui encore de 3070 mètres le niveau de la mer. Ses dernières éruptions remonteraient à une douzaine de milliers d'années.
Mais bien avant qu'il ait cessé de fonctionner, un deuxième volcan naît sur le flanc sud-est du précédent, il y a plus de 500000 ans. Il occupe aujourd'hui environ un tiers de la surface totale de l'île. C'est le Piton de la Fournaise, toujours actif.
Vue de loin, l'île présente la forme générale d'un cône très aplati d'où l'appellation de volcan-bouclier donnée à ce type d'édifice volcanique formé par l'accumulation de coulées, produits d'un dynamisme qualifié d'effusif. Le Piton de la Fournaise (2632 mètres) se manifeste en effet par de longues coulées fluides, capables de parcourir des kilomètres, un dynamisme opposé au volcanisme explosif - potentiellement dangereux - des volcans antillais ou la ceinture de feu du Pacifique, même si certaines de ses manifestations présentent des caractéristiques propres au dynamisme strombolien avec projections et formation de cônes adventifs par accumulation de scories.
Heureusement pour les habitants, la zone la plus active du volcan est abritée dans une caldera, vaste zone effondrée d'environ treize kilomètres sur huit, en forme de fer à cheval, dont la pente générale dirige les coulées vers la mer. Les anciens ont nommé cette enceinte circonscrite de hautes falaises "l'enclos". L'homme ayant - avec sagesse - renoncé à coloniser les terres situées à ses pieds, la lave atteint dans le pire des cas la route nationale du tour de l'île et la forêt proches du littoral ! Cependant, de rares éruptions dites "hors enclos" - une à deux par siècle - surviennent sur les pentes externes du massif de la Fournaise et nécessitent alors l'évacuation des villages menacés dont certains (lire par ailleurs) ont payé leur tribut à la lave.

La Maison du volcan, à Bourg-Murat (27e kilomètre, RN 3, la Plaine-des-Cafres), située au carrefour de la route forestière qui conduit au Piton de la Fournaise, est l'un des rares lieux du genre au monde à proposer une découverte du volcan de la Réunion et du volcanisme en général grâce à une multitude d'animations. La vie des hommes autour de la Fournaise, le travail de l'équipe scientifique qui surveille le volcan, de nombreuses maquettes viennent donner une âme à ce muséum conçu par le volcanologue Maurice Krafft.

Aussi, quand s'achève l'éruption du 27 août 1992, après quatre semaines d'activité, la Réunion est-elle loin de se douter que cinq ans et demi vont s'écouler jusqu'au prochain réveil de son volcan… Ce silence exceptionnel, dont on a déjà connu un équivalent entre 1966 et 1972 cependant - avec les réserves d'usage, une éruption de quelques heures ou d'une journée ayant pu avoir lieu à l'insu de tous au cours de cette période - couvre les préparatifs d'une éruption vouée à rester inscrite dans toutes les mémoires.
L'annonce du réveil du Piton de la Fournaise, le 9 mars 1998 à 15h05, tonne comme un coup de canon dans le ciel de la Réunion. L'impatience longtemps retenue n'a d'égal que la vague d'enthousiasme qui submerge l'île tout entière : en quelques heures, des milliers de voitures convergent vers le volcan. D'impressionnantes fontaines de lave sont visibles comme rarement elles l'ont été de mémoire d'homme, à un peu plus de deux kilomètres à vol d'oiseau du parking terminal du Pas de Bellecombe, accessibles à pied en moins d'une heure et demie de marche. Au fil des jours, deux cônes principaux se forment.
Le 12 mars, une seconde éruption débute à plusieurs kilomètres de la première, toujours dans l'enclos. Mais son activité ne dépassera pas quelques semaines. En revanche, le Piton Kapor, ne se calme pas. L'activité s'installe pour des mois comme il en existe peu d'exemples dans l'histoire connue du volcan, drainant des dizaines de milliers de visiteurs. Alors que les éruptions de la Fournaise durent rarement plus de six à sept semaines, on semble battre cette fois le record du siècle supposé, vieux de plusieurs décennies. La lave finit même par approcher la route nationale à moins de deux kilomètres.
Les scientifiques expliquent la prodigalité du volcan par la montée progressive, au cours des années précédant cette éruption hors du commun, d'énormes quantité de magma qui ont rempli le système de réservoirs de la Fournaise. Le réseau de surveillance de l'observatoire volcanologique en avait d'ailleurs détecté les signes. Les amateurs de spectacle, comblés après le long silence de la Fournaise, s'en réjouissent !

L'observatoire

Ayant en 1936, comme nous l'avons dit, consacré une étude à l'activité du Piton de la Fournaise, Alfred Lacroix écrivait alors :
"D'une façon générale, il serait d'une capitale urgence d'organiser une étude ininterrompue de ce volcan, afin d'en enregistrer les moindres manifestations, non plus seulement des points de vue dynamique et morphologique, mais en considérant les autres aspects de la physique du globe (sismologie, magnétisme terrestre, gravimétrie, etc.) dont jusqu'ici il n'a pas été tenu compte au cours des éruptions.
"Les habitants de la Réunion ont le bonheur de voir l'activité de leur volcan localisée dans une région bien définie, où son action est inoffensive, car rien n'est à détruire à proximité. Mais la science pâtit de cette innocuité, car elle a pour conséquence une complète indifférence de l'opinion et des pouvoirs publics pour une question ayant cependant un si grand intérêt."
Il fallut 40 ans et une éruption hors Enclos, celle de 1977, pour voir la concrétisation de ce voeu. C'est à la suite, en effet, de cette éruption que le conseil général prit l'affaire en main et conjointement avec le C.N.R.S. et l' I.P.G.P. (Institut de physique du globe de Paris) entreprit la création de cet observatoire dont l'inauguration eut lieu en 1980.
Installé au 27e kilomètre de la Plaine des Cafres à Bourg Murat et à une quinzaine de kilomètres du sommet du volcan, sa tâche première est la surveillance permanente, la prévision des éruptions avec détermination de la position du ou des points d'émission de lave, afin de prévenir tout dommage corporel et matériel envers la population et les touristes, ces derniers étant de plus en plus nombreux sur le volcan.
" Bien entendu, la surveillance et la recherche ne peuvent pas être dissociées puisqu'une surveillance efficace est forcément liée à la compréhension du fonctionnement du volcan, qui elle, est liée à l'élaboration du système de surveillance de plus en plus pointu, à des réseaux d'instruments de plus en plus denses, dans le but de prévoir des éruptions le plus tôt possible."
Ce réseau comprend une centaine de stations automatiques fonctionnant à l'énergie solaire. Elles sont réparties à l'intérieur et à l'extérieur de l'Enclos, et transmettent par radio les données enregistrées par elles au centre installé au 27e km de la Plaine-des-Cafres. Une douzaine de scientifiques, physiciens, géologues, géochimistes, sismologues, électroniciens, sous l'autorité d'un chef de centre, Thomas Staudacher, physicien lui-même, en déduisent éventuellement les prémisses d'une éruption.
Ils ont prouvé, une fois de plus, début mars 1998, leur compétence et le bien-fondé de leurs déductions en annonçant l'éruption du 9 mars 1998. Les avis que le centre est appelé à donner s'échelonnent sur quatre niveaux :

1) prè-alerte,
2) éruption imminente,
3) éruption dans l'Enclos,
4) éruption hors Enclos.

Bien qu'assez rares ces dernières peuvent se produire telle celle d'avril 1977 qui ruina une partie du village de Piton Sainte-Rose et, presque dix ans plus tard, celle de mars 1986 qui détruisit huit maisons au Tremblet.

Jean Vincent Dolor
Francois Martel-Asselin



The piton de la Fournaise

Volcanoes have always been a fearful and awesome source of attraction for man. Forges de Vulcain or of Héphaïstos' for primeval man, and Lucifer's lair of no return for others, volcanoes are at the origin of numerous stories or legends passed on through the centuries from generation to generation.
The fact that the earth opens up to spit out glowing clouds, terrifying showers of ashes or floods of lava in fusion, could not do otherwise than fill souls with a respectful terror, especially since history has shown us eruptions which have had disastrous consequences.
On August 24th, 79 AD, Mount Vesuvius erupted after laying dormant for several centuries and destroyed the cities of Herculanum, Pompeï and Stabies. In 1783, the eruption of the fissures of Laki, in Iceland, caused the death of 10,000 persons because of its flows of lava and its ashes which covered the island and brought famine followed by epidemics. In 1792, the eruption of Unzen, in Japan, buried 10,000 victims under the "lahars" (floods of mud). In 1815, the eruption of the Tambora in Indonesia, directly caused the death of 12,000 persons and indirectly, because of the famine which followed, the death of 80,000 others. The eruption of Krakatoa in 1883, was particularly violent (the ashes were ejected to the upper atmosphere) and resulted in a tsunami which caused the death of more than 36,000 victims. On May 8th 1902, the city of Saint Pierre de la Martinique and its 28,000 inhabitants were annihilated by a scalding cloud shooting out of the Pelée mountain.

Fortunately, Reunion Island has never been subject to such cataclysms and since its settlement the eruptions of the Piton de la Fournaise have nearly always taken place within the natural barriers of the Enclos ; despite the fact that accessibility was difficult even in the olden days, the volcano has never failed to arouse people's curiosity and desire to see its tantrums firsthand. The work devoted to it in 1936 by Alfred Lacroix who was at that time "Permanent Secretary of the Academy of Science" deals with some of the observations on it during the 18th and 19h centuries, but the most original account is undoubtedly given by the naturalist Bory de Saint Vincent who participated in an expedition … " in the four main islands of the African Seas."
The mission of this expedition was to go and study the fauna, flora and physical aspects of a few islands of the Indian Ocean, Bourbon (now Reunion) being one of them. Bory de Saint Vincent speaks at first about his arrival at the island and his impression of its capital : " Saint-Denis, the main area of Bourbon, is not really a town ; it is called the 'Quartier' : it is more of a village and its streets, lined with fences and walls, look like country lanes : they are unpaved and filled with big stones ; some which can be seen under the grass...
"The wooden houses are pleasant and laid-out to provide protection from the heat. You can see little furniture and often the rooms are not wall-papered. This is not the result of the stinginess or poverty of the owners but the fact that in Bourbon it is almost impossible to buy a quarter of the things that represent the pleasures of life. Luxury items are brought from Ile-de-France which obliges people to pay a great deal for them as they come from faraway countries and already cost an astronomical price".

"The former government structures which face the landing stage, the public shops, and the church are the only buildings of the place and scarcely deserve to be spoken about."
Having undertaken to go round the island beginning in the east, Bory de Saint Vincent reached the foot of the volcano by the seashore. Because of the relief, he could not see the cloud hidden summit but was impressed by the wild and mysterious aspect of the landscape.
He said that for a long time he had had the idea of climbing to the top of the Piton de la Fournaise starting from the sea : "Everybody agreed that it was a reckless attempt : nobody would follow me and no one had ever undertaken what I was going to do.

" People added : you will find impassable crevices, deep and shifting volcanic ash in which one can disappear and finally, perhaps, death in some flaming current spouting out from the mountain's slopes.
"Lava flows are usually spewed forth this way. Besides, cold rains were frequent and some hunters who disappeared in those regions never came back, due to either the icy temperature or the suffocating sulphurous vapours. " I had a craving to have a better look at the fire spewing mountain and my desire increased immediately when I was assured that nobody had accomplished what I was planning to do. I viewed the fear they were trying to instil in me as excessive. Jouvancourt agreed with me.
" But the blacks, discouraged by everything the slaves of the district were saying, showed the greatest fear. " They protested, and to persuade us not to take them to the Fournaise by an unused path, one of them told us about several local anecdotes.

" He said he had learnt from his elders that the volcano was the devil's heritage, that it was the mouth of hell, that it was all the more dangerous for us to climb it since the whites did not return. The demons enslaved them, used them to hollow out the mountain, control the currents of lava and stoke the fire under black commanders' orders who whipped them like the slaves in the rest of the island. At first I thought that it was an invention and a crafty invention of my servant but other negroes have told me the same since then ; there are even ones who affirm that they had seen herds of whites in the distance holding picks in their hands and obeying the devil's orders which were passed on to them by kaffirs armed with rods."
Not taking these terrifying stories into account, Bory de Saint Vincent remained inflexible and … " orders (his) servants to walk without argument"…Not without great difficulties, they reached the top and walked down again by the same way to get back to the seashore. For those who know the place, it is truly a great feat which few people would dare endeavour today, even with the existing modern equipment.

la Fournaise : 3 million years old but discovered only 350 years ago.

The island of Reunion emerged from the ocean three millions years ago but has inhabited for only three and a half centuries. It is as if the first settlers arrived only an hour ago and the island had existed for already a year...
Contrary to the explosive volcanoes often associated with peripheral regions of big plates of the earth's crust which support the seas and continents, Reunion, according to a commonly accepted theory, was born from a "hot-spot" in the very middle of the ocean. Scientists explain this thermal anomaly by the deep convection movements which bring hotter magma towards the upper layers of the earth's mantle. Fixed, as opposed to the floating plates which slowly move around on the mantle, they often form strings of islands. Even if the Hawaiian islands are the most commonly cited example, researchers have showed us that over tens of millions of years of the progressive displacement of the continents, the hot-spot of Reunion was at the origin of the formation of the vast basaltic plateau of Deccan in India, the Maldives, and Mauritius...
Three million years ago, a crater surfaced in the south west of the Indian Ocean. It was already a huge 4,000 metres volcano and was as high as the surrounding sea was deep. It is now called the Piton des Neiges and continued to grow consequent to its successive eruptions. Its summit was lowered by the eruptions which marked its history and by erosion. Today, it is more than 3,070 metres above sea level. It seems that its last eruptions took place about twelve thousand years ago.

But long before the Piton des Neiges stopped erupting, a second volcano rose up from its south-east side more than 500,000 years ago. Today it is called the Piton de la Fournaise and it takes up about a third of the surface area of the island. Even to this day, it is still very active !

Seen from a distance, the island looks like a somewhat flattened cone. These sort of structures are called volcano-shields, and are formed by the accumulation of flows which result from a vitality we can only describe as free-flowing. Indeed the eruptions of the Piton de la Fournaise (2,632 metres) manifest themselves in long fluid flows capable of covering several kilometres. It is a different force from the potentially dangerous explosive volcanism of West Indian volcanoes or the fire belt of the Pacific, even if some of its manifestations show some features typical of strombolian dynamism with projections and formation of adventitious cones by the accumulation of scoria.

Fortunately for the inhabitants, the most active area of the volcano is in a caldera, a large horse-shoe shaped depression which is about thirteen kilometres by eight, with a general slope which directs the flows towards the sea. The old-timers named this area surrounded by high cliffs "the enclosure". Man has wisely given up the idea of inhabiting the lands situated directly below it, and at worst, the lava could only damage the trunk road around the island and the forest near the coast ! However, once or twice per century, eruptions run outside the enclosure on the external slopes of the massif of the Fournaise. This requires the evacuation of the endangered villages, some of which have paid dearly to the lava. (read further)
The House of the Volcano (Volcano Museum), in Bourg-Murat (27th kilometre, RN 3, the Plaine-des-Cafres), situated at the cross-roads of the forest road which leads to the Piton de la Fournaise, is one of the few places of its kind which offers the discovery of Reunion's volcano and of volcanism in general through a vast number of activities. Man's life around the Fournaise, the work of the scientific team which watch over the volcano and numerous models give soul to this museum conceived by the volcanologist Maurice Krafft.

the observatory

As mentioned, Alfred Lacroix explored the Piton de la Fournaise in 1936, and subsequently wrote " Generally speaking, it is imperative to organise an uninterrupted study of this volcano in order to record its slightest activities, not only from the dynamic and morphological perspectives, but also by considering the other aspects of planetary physics (seismology, terrestrial magnetism, the gravimeter, etc.) which have not yet been studied during eruptions.

The inhabitants of Reunion Island have the good fortune of seeing the activity of their volcano localised in a well-defined area where its movements are not dangerous as there is nothing to destroy in the surrounding area. But as a result science suffers because the consequence is total indifference from public opinion and authorities about a subject which is of the greatest interest".

It took forty years and an eruption out of the enclosure in 1977 to see his dream realised. Indeed, following this eruption, the Conseil général decided to act and together with the CNRS and the IPGP (Institute of Globe Physics of Paris), undertook to create an observatory which was inaugurated in 1980.
Situated at the 27th kilometre of the Plaine des Cafres in Bourg Murat and at about fifteen kilometres from the top of the volcano, its essential task is continuous surveillance to forecast the eruptions and establish the position of the lava flows in order to prevent any material damage and physical injury to the population and the increasingly numerous tourists who visit the volcano.
" Of course, surveillance and research can't be isolated as effective assessment is inseparable from the understanding of the functioning of the volcano. It is all linked to an increasingly precise surveillance system and an increasingly complex network of instruments which permit the forecast of eruptions as early as possible."
This network is made up of about a hundred automatic stations functioning with solar energy. They are set up inside and outside the enclosure and transmit the data they record to the centre situated at the 27th kilometre of the Plaine des Cafres. A dozen scientists, physicists, geologists, geo-chemists, seismologists, and electronics engineers anticipate the possible eruptions under the authority of Thomas Staudacher, the physicist who heads the centre.

They continue to demonstrate their skill and accuracy and correctly foresaw and alerted the population to the eruption of March, 9th 1998. The centre advises the Prefect to issue :

1) forewarning
2) impending eruption
3) eruption inside the enclosure
4) eruption outside the enclosure.

Despite the fact they are quite rare, destructive eruptions can take place like the one which ruined part of the village of Piton Sainte-Rose in April 1977, and another nearly ten years later which destroyed eight houses in Tremblet in March 1986.

Jean Vincent Dolor
Francois Martel-Asselin

 
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